jeudi 9 août 2018

Les stratégies métacognives et cognitives

Cette année, j'ai mené à plusieurs reprises une animation sur les stratégies d'apprentissages et j'ai pensé que cela pourrait intéresser certains d'entre vous.


  (merci Mysticlolly) Cet article est un pavé! 




Pourquoi m'avoir demandé d'intervenir sur ce thème? 

Les programmes dernièrement parus mettent l'accent sur les stratégies métacognitives. Ils insistent sur la nécessité d'apprendre aux élèves à apprendre. 
On retrouve la majorité des références aux stratégies dans le domaine 2 du Socle Commun : Les méthodes et outils pour apprendre et cela du cycle 2 au cycle 4 (mon animation pédagogique était intercycle). 
Pour les collègues du cycle 2 et 3, ce domaine ne nous a pas trop déstabilisé car, par exemple, permettre aux élèves de coopérer et réaliser des projets est mis en oeuvre au quotidien. Certains collègues du collège me disaient avoir lu ce domaine avec angoisse! 
Mais malgré tout, cette question n'est pas toujours évidente à évaluer. Je vous mets donc des liens vers les pistes d'évaluation : Cycle 2                     -                       Cycle 3

 Les stratégies métacognitives

«Si je connais les spécificités de la tâche, les caractéristiques de mon propre fonctionnement cognitif et un certain nombre de stratégies, comment puis-je anticiper, planifier et contrôler ma démarche apprentissage?» Büchel

Le langage sensoriel évoque les métaconnaissances qui alimentent les fonctions exécutives qui guident les fonctions cognitives; et cela dans une tache nouvelle et non une tache automatisée. En gros c'est le chemin mental qu'utilise un élève pour résoudre un problème à l'école.
Nous allons décortiqué ce chemin mental, et vous allez vous rendre compte que de nombreuses barrières se mettent en place, pénalisant les élèves et les déstabilisant face une tâche nouvelle...

Le langage sensoriel 

Le cerveau apprend avec les modalités sensorielles visuelles, auditives et kinesthésiques. 
 Le cerveau communique ses expériences à travers le langage. Mais il communique aussi grâce à un langage interne. La tâche sera d'autant mieux réussie que le langage interne sera positif :
Qu'est ce qu'on me demande de faire? Est ce que ça me rappelle quelque chose? 
La tâche sera mal appréhendée si le langage interne est négatif :
Je n'y arriverai jamais .... Je suis nulle en maths.... 😕 
Le cerveau de l'élève "expert" évoque en construisant des auto-instructions au contraire des élèves en difficultés.
Est ce que j'ai bien entendu? Qu'est ce que je sais déjà? Comment vais-je m'y prendre? Je construis des images mentales en même temps que j'écoute. 

Les Métaconnaissances 

Pour rappel, les métaconnaissances se mettent en route grâce au langage sensoriel. 
Les métaconnaissances sont divisées en 3 items, 
- La connaissance de soi-même 
- La connaissance de la tâche
- La connaissance des stratégies

La connaissance de soi-même. 

Les élèves vont s'appuyer sur la connaissance de soi-même pour réussir la tâche : ses forces, ses faiblesses, ses préférences. 
Je n'aime pas la musique. Je suis fort en mathématiques. Je n'arrive pas à écouter et à me faire des images mentales en même temps. 
Ils vont s'appuyer sur la connaissance des autres. Cela aura un impact important dans le travail de groupe.
Paul est plus fort que moi. Mamadou est bon en calcul mental. Rodolphe se moque de moi tout le temps. 
Enfin, ils vont s'appuyer sur des connaissances universelles. Ces connaissances, si elles sont inconnues des élèves, méritent qu'on leur en parle. Ils comprendront mieux leur fonctionnement et surtout comprendront que certaines difficultés ne sont pas seulement de leur fait, mais sont universelles...
Il est difficile de se concentrer lorsqu'il y a du bruit. La mémoire n'est pas illimitée. 

La connaissance de la tâche 

C'est une question primordiale. Il faut que l'élève sache ce que l'on attend de lui et surtout parvienne à analyser la tâche pour la comprendre. Cela s'apprend au fur et à mesure de la scolarité bien évidemment. 
Une poésie doit être apprise par contre, la leçon de français par contre doit être appliquée. Cet exercice de maths est difficile car il y a plusieurs étapes. 

La connaissance des stratégies 

C'est là encore une question primordiale : Comment je fais pour y arriver? Cette année, j'ai insisté principalement sur cette métaconnaissance. En mathématiques, par exemple, nous listions toutes les stratégies possibles pour réussir et nous entraînions avec chaque stratégie . En fin de séquence, les élèves avaient le matériel utile pour réussir chaque stratégie et utilisait la stratégie qu'ils souhaitaient. Ils avaient le droit de changer de stratégie si celle choisie ne les satisfaisait pas. 

Je vous mets un exemple pour que ce soit plus clair, car normalement je passe un petit film à ce moment, mais bien évidemment je ne veux pas mettre mes élèves sur le blog et la technique pour flouter les visages est tellement compliquée que j'ai abandonnée l'idée! 

Les élèves ont, en fin de séquence sur le calcul réfléchi de la soustraction (avant que cela devienne du calcul mental) j'ai proposé aux élèves cette fiche (prise sur internet mais je ne sais plus où...) et j'ai ajouté la file numérique. Les élèves avaient donc 2 stratégies à portée de main : soit poser les jetons et enlever ceux qu'on doit soustraire, ou reculer sur la file des nombres. 
L'important pour moi était surtout que l'élève mette un point de couleur devant la stratégie utilisée. Si ils changeaient de stratégie, ils changeaient de couleur pour répondre. 
Cela m'a permis ensuite de reprendre les élèves qui avaient échoué à cette tâche et les inviter à changer. Certains par exemple utilisaient la stratégie : je connais le résultat par cœur.... Bon bah cette stratégie là, elle permet de croire qu'on est trop fort ! Un élève choisissait systématiquement cette stratégie, et écrivait des nombres au hasard "car ça fait joli". Vous l'avez compris avec lui nous avons travailler sur la connaissance de la tâche pour revenir ensuite aux stratégies. 


Les fonctions exécutives

C'est à partir de là qu'un raisonnement nouveau se met en route, et permettent aux stratégies métacognitives de se mettre en route. 
Pour travailler les stratégies, j'ai tenté de lister les activités au quotidien. En cliquant sur l'image, vous aurez l'intégralité des pistes. 



 Quand un apprenant s’engage dans une activité:

1. Il considère le matériel à apprendre
2. Il examine les stratégies possibles en fonction du type et de la longueur de la tâche
3. Il tient compte de ses propres capacités pour utiliser l’une ou l’autre des stratégies parmi celles qu’il a identifiées

Les stratégies cognitives 

 C'est l'application d'un ensemble de procédures pour accomplir quelque chose, c'est une tactique.
Cela facilite l'acquisition, le stockage, le rappel et l'application de connaissance au moment de l'apprentissage.
Les recherches ont montré que les élèves les plus efficaces mobilisent des stratégies cognitives et métacognitives qui facilitent l'apprentissage et la performance. (Pressley, Graham et Harris) 
Les recherches ont montré que l'enseignement explicite des stratégies dans des domaines comme les maths, la lecture et la rédaction offrent des bénéfices significatifs.  (Pressley, Graham et Harris) 

Les stratégies cognitives les plus utilisées sont la répétition, l'élaboration, l'organisation, la discrimination, la généralisation et l'automatisation.

La répétition: 

C'est renforcer la trace mnésique ou mieux comprendre, cela veut dire apprendre par coeur en répétant ou en écrivant.
L'avantage : focaliser l'attention
L'inconvénient : pas d'apprentissage en profondeur, difficulté à réutiliser, peu efficace pour des tâches complexes.

L'élaboration :

C'est faire des inférences pour établir de nouveaux réseaux d'informations pour acquérir des connaissances déclaratives et ainsi favoriser l'établissement des liens permettant de lier un contenu abstrait à quelque chose de plus concret.
L'avantage : Etablir des liens, se poser des questions et répondre pour vérifier la mémorisation, l'ancrage permet une meilleure compréhension
L'inconvénient : pas de réorganisation. Les images mentales ne fonctionne pas bien pour les tâches complexes.

L'organisation

C'est l'organisation de la matière à apprendre soir pour mieux la comprendre soit pour mieux la retenir afin d'acquérir des connaissances déclaratives et ainsi favoriser l'es liens enter les diverses informations pour en dégager les structure.
C'est les cartes mentales par exemple.
L'avantage : construction du sens, apprentissage en profondeur
L'inconvénient : prend du temps.

Les élèves en difficultés s'arrêtent à ses trois fonctions cognitives.... Celles qui sont les moins efficaces. 

La généralisation

C'est faire des hypothèses, trouver des raisons pour lesquelles un exemple donné est un exemple du concept.
L'élève identifie des exemple et invente des exemples, il trouve des ressemblances.

La discrimination 

C'est faire des hypothèses, trouver des raisons pour lesquelles un exemple donné n'est pas un exemple du concept.
L'élève trouve les différences entre exemple et contre-exemple. 

L'automatisation

C'est trouver un exemple et le suivre étape par étape, faire une liste des étapes à suivre... 
Tout un programme! 


Vous êtes arrivés au bout? 


Vous voulez en savoir plus? 

                                          



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